Le frelon asiatique et la complexité insoupçonnée de sa phéromone d’alarme

« Le système de communication phéromonal des frelons asiatiques est beaucoup plus complexe que ce qu’on pouvait imaginer », soulève le maître de conférences Éric Darrouzet, spécialisé dans les insectes bâtisseurs et particulièrement les frelons asiatiques.

La signature chimique de la phéromone d’alarme varie en effet suivant le sexe, mais aussi l’âge, la colonie et l’activité de chaque frelon asiatique.

La phéromone d’alarme évolue au fil du vieillissement du frelon « En 2021, nous publions un papier à propos du changement de la signature chimique de la phéromone d’alarme d’un frelon suivant son cycle de vie », indique Dr Darrouzet.

D’après ses recherches, une ouvrière qui devient fondatrice voit ainsi sa phéromone d’alarme changer.

Une prochaine publication d’Eric Darrouzet et son équipe devrait plus spécifiquement prouver que la phéromone d’alarme diffère selon l’âge de l’ouvrière.

Une phéromone d’alarme se compose d’une trentaine de molécules. Ce nombre ne change pas, mais le dosage de chaque molécule par rapport aux 29 autres, lui, varie. Résultat : une « recette » ou une « signature » qui diffère suivant une variété de paramètres.

Un langage phéromonal spécifique à chaque colonie

« En 2026, nous publions une étude complémentaire prouvant que la signature chimique diffère aussi selon les colonies », ajoute l’enseignant-chercheur de l’Université de Tours.

Un langage phéromonal spécifique à l’activité

Selon cette publication, cette phéromone varie également selon l’activité du frelon. Une femelle dont le rôle est de rechercher du sucre aura ainsi une signature propre à son activité. Idem pour un frelon en prédation ou un frelon en quête de fibre végétale.

Connaître cette phéromone permet de mieux piéger Vespa velutina. La compréhension des phéromones d’alarme des frelons à pattes jaunes permettrait indirectement de mieux formuler les appâts phéromonaux, « environ quatre fois plus attractifs que les appâts alimentaires actuels. » [Voir l’article correspondant].

Et le chercheur tourangeau d’ajouter : « Et qui dit message phéromonal différent, dit probablement réponse différente en retour ». À quand un droit de réponse pour les frelons dans N&Pi Magazine ?

Bouton retour en haut de la page