Une manipulation préliminaire empirique réalisée par l’enseignant-chercheur Éric Darrouzet, spécialiste des frelons asiatiques, semble démontrer que les appâts reproduisant la phéromone d’alarme de ces insectes nuisibles les attireraient environ quatre fois plus que ne le font les appâts alimentaires.
Un attrait des frelons asiatiques à la fois plus large et plus précis
Un ciblage plus large des frelons
Un appât phéromonal d’alarme ciblerait l’ensemble des femelles asiatiques, toutes spécialités confondues. À l’inverse, selon Éric Darrouzet, un appât alimentaire n’attire théoriquement que les groupes de frelons femelles en prédation ou en quête de sucre, écartant les femelles qui se concentrent uniquement sur la recherche de fibres végétales pour le nid.
En outre, un appât alimentaire libère une odeur qui peut se noyer dans le reste des odeurs environnantes. À l’inverse, une phéromone d’alarme est spécifique et particulièrement prégnante, ce qui détourne ainsi plus efficacement le frelon de son activité première.
De plus, même si les phéromones d’alarme présentent un pan de signature différent pour chaque colonie [Voir l’article correspondant], elles attirent malgré tout les frelons des autres colonies, du moins d’après des résultats de laboratoire.
Et plus précis
En effet, dans la nature, les phéromones d’alarme des frelons asiatiques ne seraient « décodables » que par les frelons asiatiques eux-mêmes, ce qui réduirait le risque d’attractivité collatérale et donc de piégeage d’autres insectes.
Si l’on ajoute aux pièges à phéromones d’alarme un design spécifique, le risque de dommages collatéraux sur des espèces non ciblées s’amenuise encore plus.