[Focus] Punaises de lit : un label pour les hébergements touristiques

Publié le 27 septembre 2026 par Nicolas Rousseau.

Porté par Bureau Veritas Certification, PROSANE et le SEDCPL, le premier label de gestion des risques liés aux punaises de lit pour les hébergements touristiques répond à une demande du terrain. Cette initiative vise à faire passer le secteur d’une gestion de crise à une prévention active pour rassurer voyageurs et collaborateurs. Cinq points à retenir.

 Une demande des professionnels

Le label de gestion des risques liés aux punaises de lit pour les hébergements touristiques est issu des attentes des exploitants d’hébergements confrontés à ces risques. Les établissements investissant déjà dans la prévention souhaitent faire reconnaître leurs efforts auprès de leur clientèle. « Les établissements engagés ont besoin d’un outil de reconnaissance. Il s’agit de valoriser leurs actions préventives », explique Sébastien Pizzocaro, président du SEDCPL (Syndicat des Experts en Détection Canine de Punaises de Lit). Afin de garantir son indépendance, le référentiel est porté par Bureau Veritas Certification, tandis que PROSANE et le SEDCPL interviennent en qualité de partenaires techniques.

Un référentiel centré sur la prévention

Destinée aux hôtels, clubs de vacances, résidences de tourisme et campings, le label certifie l’existence d’une organisation capable de prévenir, détecter et traiter rapidement toute infestation. Son obtention repose sur un audit annuel portant notamment sur :

  • la désignation de référents internes (Qualité et Punaises de lit),
  • l’enregistrement des suspicions et des détections avérées et la gestion des réclamations clients,
  • l’application de protocoles dédiés,
  • la réalisation d’un diagnostic annuel par une entreprise de détection canine titulaire de la reconnaissance du SEDCPL,
  • un engagement contractuel avec une entreprise de désinsectisation certifiée CEPA pouvant intervenir sous 48 heures.

La prévention renforcée

Selon les chiffres communiqués par PROSANE, le secteur touristique est particulièrement exposé au risque punaises de lit. Celui-ci est omniprésent dans l’hébergement marchand, sans distinction de standing.

  • Les interventions réalisées dans les hébergements représentent près de 20% de l’activité nationale liée aux punaises de lit.
  • L’hôtellerie traditionnelle concentre 44% des interventions du secteur, devant les locations meublées (29%) et les résidences de tourisme et appart-hôtels (15%).
  • 60% des interventions sont enregistrées entre juillet et septembre, illustrant le lien direct entre intensification des flux touristiques et augmentation des infestations.

Ces données montrent également que la mobilité des voyageurs demeure le principal facteur de risque, davantage que le niveau de qualité ou la propreté des établissements.

Un levier de reconnaissance pour les professionnels 3D

Le label constitue une opportunité pour les entreprises de détection canine et les professionnels de la désinsectisation. Les établissements labellisés devront s’appuyer sur des prestataires qualifiés et capables d’intervenir rapidement. « Ce label assure que l’établissement met en œuvre tout ce qui existe en matière de prévention, de détection précoce et de réaction rapide », souligne Sébastien Pizzocaro, qui précise : « Les professionnels 3D doivent être qualifiés, réactifs et connaître parfaitement la problématique punaises de lit ». L’objectif est de valoriser les compétences de la filière en garantissant un haut niveau d’exigence technique.

 Faire évoluer les pratiques du secteur

Au-delà de la certification, les partenaires souhaitent faire évoluer les pratiques du secteur. Selon eux, la prévention active reste la stratégie la plus efficace pour limiter les coûts économiques, préserver l’image des établissements et éviter les infestations massives. Contrats de maintenance, diagnostics réguliers, surveillance permanente et intervention précoce constituent les piliers de cette approche. Cette responsabilité est également partagée avec les voyageurs, invités à adopter quelques gestes simples : inspecter la literie à l’arrivée, éviter de poser les bagages sur le lit ou le sol et appliquer, au retour, une décontamination thermique des textiles.

Retrouvez l’intervention de Sébastien Pizzocaro sur notre édito paru dans le numéro 143 du magazine N&Pi.

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