Les espèces exotiques envahissantes (EEE) constituent des réservoirs potentiels d’agents infectieux d’intérêt sanitaire.
541 publications, 22 espèces, 472 pathogènes dont 64 prioritaires
22 espèces invasives étudiées
Les auteurs de l’étude ont analysé 541 publications scientifiques (de 1963 à 2023) portant sur 22 espèces animales invasives listées comme préoccupantes par l’UE (règlement 1143/2014).
Parmi ces espèces hôtes figurent notamment le raton laveur (Procyon lotor), le chien viverrin (Nyctereutes procyonoides), le ragondin (Myocastor coypus), le rat musqué (Ondatra zibethicus), l’écureuil gris (Sciurus carolinensis) et la tortue de Floride (Trachemys scripta).
Différents types de pathogènes
Ces hôtes invasifs peuvent héberger des bactéries zoonotiques (Leptospira, Salmonella, Borrelia, Francisella), des virus (rage, influenza aviaire, West Nile), des parasites (Echinococcus multilocularis, Trichinella spp.) et des protozoaires (Toxoplasma gondii, Cryptosporidium spp.).
Au total, 472 pathogènes ont été recensés, dont 64 classés « prioritaires », selon les référentiels de l’OMS et de la législation européenne (loi sur la santé animale, directive sur les zoonoses…).
La France parmi les pays à risque
Un indice composite développé dans l’étude (HPI-IAS) place l’Allemagne, la Pologne, l’Italie, la France, les Pays-Bas et la Tchéquie parmi les pays à risque « très élevé ». Autrement dit, ces pays cumulent les conditions les plus favorables à une pression épidémiologique forte liée aux espèces invasives.
Les auteurs soulignent toutefois un biais de détection : les pays les plus actifs en surveillance (Pologne, Italie, Allemagne, France) rapportent naturellement plus de pathogènes.
Ces résultats plaident en faveur d’une surveillance harmonisée et transfrontalière. Intégrer systématiquement les espèces invasives dans les plans de veille sanitaire permettrait d’anticiper les émergences et de renforcer la prévention dans une logique « One Health ».