Importées massivement comme animaux de compagnie dans les années 1980-1990, les tortues de Floride ont été abandonnées en grand nombre dans la nature.
Résultat : l’Office Français de la Biodiversité (OFB) estime à plus de 50 000 individus la population sauvage en France, avec une concentration dans le Sud-Ouest, le bassin parisien, la vallée du Rhône et Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Une réglementation européenne pour lutter contre la prolifération de la tortue de Floride
Celle que l’on nomme aussi « tortue à tempe rouge » est inscrite dans le règlement d’exécution (UE) 2016/1141 de la Commission du 13 juillet 2016, la classant comme espèce exotique envahissante.
Le commerce de Trachemys scripta elegans est d’ailleurs interdit sur le territoire de l’Union européenne depuis le siècle dernier à travers :
- le règlement (CE) n°338/97 du Conseil du 9 décembre 1996, cadre législatif général qui donne à l’UE le pouvoir de contrôler le commerce des espèces sauvages (il implémente la convention CITES au niveau européen) ;
- par une décision spécifique de 1997, mesure prise sur la base du règlement précédent, qui a interdit l’importation de la tortue de Floride dans l’UE.
La tortue de Floride provoque un impact environnemental non négligeable
Omnivore et très adaptable, cette tortue perturbe gravement les écosystèmes. Elle s’attaque aux œufs, aux amphibiens et aux poissons, ce qui met en péril plusieurs espèces locales protégées.
En France, la tortue de Floride entre en concurrence directe avec une tortue d’eau douce indigène et menacée : la Cistude d’Europe. Plus grosse, plus agressive et plus vorace, la tortue de Floride lui vole les meilleurs sites d’ensoleillement (essentiels à sa thermorégulation) et épuise les ressources alimentaires du milieu.
Trachemys scripta elegans déséquilibre la chaîne alimentaire, détruit les berges par creusement, propage des maladies…
Dans certains cas, sa présence entraîne ainsi un effondrement de la biodiversité locale. Des études montrent par exemple une chute drastique de la reproduction chez certaines espèces d’oiseaux et d’amphibiens.