Comment la résistance à des pesticides favorise l’invasion de certains nuisibles ?

Publié le 28 janvier 2026.

En effet, les pesticides peuvent favoriser l’invasion de certaines espèces nuisibles, principalement à cause de la sélection naturelle ainsi que de l’élimination des prédateurs et compétiteurs naturels.

Sélection naturelle et création de « super-organismes » nuisibles

L’application de pesticides ne « crée » pas de résistance, elle la sélectionne au sein d’une population existante. 3 grandes étapes peuvent être exposées :

1.     Pression de sélection

Au sein d’une population de ravageurs (insectes, mauvaises herbes, etc.), certains individus possèdent naturellement, par mutation génétique aléatoire, des traits qui leur confèrent une plus grande résistance à un pesticide.

Quand un pesticide est appliqué, il condamne la grande majorité des individus sensibles. Seuls les quelques individus résistants survivent.

2.      Transmission des gènes

Ces survivants se reproduisent, transmettant leur gène de résistance à leur descendance. A noter que de nombreuses espèces nuisibles ont souvent un cycle de vie très court et une descendance nombreuse ; c’est notamment le cas des blattes et des scarabées japonais, par exemple.

3.      Augmentation de la fréquence

Au fil des générations et des applications répétées du même pesticide, la proportion d’individus résistants augmente, jusqu’à ce que le produit devienne inefficace. La population est alors composée de « super-organismes » nuisibles, beaucoup plus difficiles à contrôler.

Élimination des prédateurs et compétiteurs naturels

A l’image de l’herbicide glyphosate, nombre de pesticides sont à large spectre et tuent également des organismes non visés, y compris les prédateurs naturels et les compétiteurs des espèces nuisibles.

1.      Prédateurs prédatés

Les insecticides, par exemple, sont souvent très toxiques pour les insectes prédateurs (comme les coccinelles qui se nourrissent de pucerons) et les parasitoïdes (qui pondent leurs œufs dans les ravageurs). Ces espèces bénéfiques sont souvent plus sensibles aux pesticides que les ravageurs eux-mêmes.

2.      Rupture de l’équilibre

En éliminant ces prédateurs, on lève le contrôle biologique qui maintenait naturellement les populations de ravageurs à un niveau bas. L’espèce nuisible, libérée de ses ennemis naturels, peut alors proliférer.

3.      Dépendance accrue aux pesticides

Les agriculteurs se retrouvent alors piégés dans un « engrenage des pesticides », devant augmenter les doses ou la fréquence des traitements pour tenter de contrôler une population de plus en plus envahissante et résistante. Ce phénomène aggrave la situation et contribue à l’apparition de nouvelles résistances.

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