Publié le 16 février 2026 par Nicolas Rousseau.
Rongeurs, punaises de lit, frelon asiatique : la Ville de Saint-Étienne déploie une politique structurée de lutte antiparasitaire pour préserver la santé publique. Pilotée par la direction de la Santé publique, cette stratégie combine interventions ciblées, prévention et mobilisation citoyenne.
Avec près de 174 000 habitants, Saint-Étienne s’appuie sur une longue tradition d’hygiène urbaine. « Dès 1883, la Ville se dote d’un bureau d’hygiène, le quatrième en France », rappelle Stéphanie Sep, directrice de la Santé publique de la Ville. Aujourd’hui, ces missions sont assurées par le service communal d’hygiène et de santé (SCHS), dont l’objectif est clair : réduire les nuisances susceptibles d’avoir un impact sanitaire et améliorer la qualité de vie des habitants.
Nuisibles identifiés, réponses ciblées
La politique municipale de lutte antiparasitaire concerne de nombreuses espèces : rats et souris, blattes, punaises de lit, chenilles processionnaires, frelon asiatique… « La présence de certains nuisibles est saisonnière, mais le dérèglement climatique modifie leur répartition et leurs cycles biologiques », souligne Stéphanie Sep. Chaque situation fait l’objet d’une analyse préalable. « Il est indispensable d’identifier précisément l’espèce ciblée et le niveau d’infestation afin d’adapter la réponse. » Dans certains cas, notamment pour les punaises de lit ou les blattes, un agent municipal de lutte antivectorielle peut se rendre au domicile des administrés, sous conditions de ressources, afin d’évaluer la situation et d’orienter vers les solutions adaptées.
Mobilisation citoyenne
La lutte contre le frelon asiatique repose largement sur l’implication des habitants. Les signalements peuvent être réalisés directement auprès des services municipaux ou via une plateforme dédiée. « Nous avons souhaité associer pleinement la population », explique Stéphanie Sep. La Ville a ainsi acquis des pièges sélectifs et biodégradables, distribués gratuitement. Près de 400 dispositifs ont déjà été remis, accompagnés de consignes précises disponibles en ligne. Cette démarche permet de disposer d’une cartographie fine de la présence du frelon asiatique. « Nous contactons chaque détenteur de piège afin de savoir si des fondatrices ont été capturées. Cela nous permet d’identifier les secteurs les plus exposés et d’y concentrer nos efforts », précise la directrice.
Coordination étroite
La direction de la Santé publique travaille en lien avec les services municipaux (Espaces verts, Sports), mais aussi avec la direction départementale de la protection des populations et l’ARS. Une veille sanitaire est assurée sur l’émergence de nouveaux nuisibles. « Nous sommes particulièrement attentifs à la progression de la tique géante Hyalomma marginatum », indique Stéphanie Sep. Pour certaines espèces, comme les chenilles processionnaires, la Ville fait appel à des prestataires spécialisés. Un arrêté municipal impose par ailleurs aux propriétaires privés de procéder aux traitements nécessaires, tandis que la collectivité intervient sur l’espace public.
Prévention et sensibilisation
Chaque campagne de lutte antiparasitaire est évaluée. Les traitements utilisés respectent strictement la réglementation et s’inscrivent dans une démarche de développement durable. « Nous sommes vigilants quant à l’impact des produits sur la santé humaine, animale et végétale », insiste la directrice. Deux agents municipaux sont titulaires du Certibiocide. Mais l’action ne se limite pas aux traitements. « Certains comportements favorisent clairement le développement des nuisibles », rappelle Stéphanie Sep. La prévention et la sensibilisation restent donc indissociables de l’action curative : entretien des parcelles, gestion des déchets, choix des plantations… « Nous devons apprendre à cohabiter avec certaines espèces. Aussi la prévention et la responsabilisation des citoyens sont-elles indispensables. »